J’ai passé quatre mois en Inde dans l’intensité des sons, des voix, des joies, des langues. Abreuvée au lait de la vache sacrée – Celle qui initie au Multiple, à la ferveur.

Rentrée au pays
mais pas revenue en moi

– je suis rentrée, ivre de couleurs et de chaleur.

L’Inde encore sous la peau,
le sel, les mangues,
la lumière au couteau.

Étonnante sensation : mon corps est là chaque jour

et l’âme fait l’école buissonnière.

Prendre le temps de revenir au monde : visage fait surface.

Je me réapproprie ma langue maternelle et son rythme.

LE PRINTEMPS vient à mon secours – je le bois, il hydrate ma voix.

Autres couleurs des fleurs, tant de versions de vert, et la grâce des merles

réveillés au monde – c’est l’accueil de la France.

Mois dédiés à l’écriture : je suis un cheval qui retrouve son galop !

Grâce à Marion Bati, qui sait inventer et ouvrir des espaces partagés de création,

j’ai passé trois semaines parfaites à La Rochelle. Merci à elle pour son engagement

auprès des artistes. Marion est l’exemple que l’on peut toujours créer ensemble.

Cette entraide, dans un moment où les artistes sont attaqués très frontalement par

les politiciens, est une force. (Je prévois un article sur cette question car je ne peux me résoudre à

accepter une pensée qui résume la création à des données économiques en cachant les idéologies.)

Cette résidence, je l’ai passé avec Julie Daubié et Carine Henri, respectivement musicienne, vidéaste, et

musicienne, ethnomusicologue, avec Marion qui nous a rejoint : belles rencontres de femmes et d’artistes.

Je mesure que la musique nourri la chair de l’écriture au-delà de ce qui j’imaginais : grammaire, structure, déploiement de

la pensée… Quelle joie d’exercer mes gammes à l’écoute de la composition intime des chants de ces femmes.

MAI est mois de la naissance : mon propos s’arrondit avec les cerises, vibre avec les senteurs de la glycine du jardin.

Ma maison n’est pas carton mais elle n’a pas de murs. Presque cinq de « nomadisme » et d’accueil par des personnes et

des équipes généreuses que je remercie de tout cœur. Parfois je songe à poser mes valises mais comment faire ?

Je suis du clan de l’escargot, ma maison es un suc de bave et de pensée… les mots sont invisible et matière conjugués.

Lorsque le texte se structure, je sens la solidité de mes fondations. Et je glisse, comme mon animal-enseigne.

Déjà le départ pour l’Inde s’annonce. À peine redevenue escargot, voilà des ailes qui me poussent.

Le voyage n’a plus de début ni de fin. Il se déplie en moi, en métamorphoses.

À suivre ici, sur mon blog, car, de nouveau, me voici en Inde. À New Delhi pour un New Day, de New Vibes.